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Monsieur,
Je vous écris cette lettre depuis un Damas en transformation, où les lourds portraits de la dynastie Assad ont enfin disparu des rues, remplacés par l’espoir prudent et anxieux d’une nation en reconstruction. Il y a un an et demi que l’effondrement dramatique de l’ancien régime, en décembre 2024, a contraint Bashar al‑Assad à fuir pendant la nuit. Vous êtes passé de chef rebelle au palais présidentiel, abandonnant votre ancien nom de guerre, Abu Mohammad al‑Julani, pour gouverner une république brisée. Pour vos partisans, vous êtes le pragmatique qui a comblé un dangereux vide de pouvoir et empêché l’anarchie totale ; pour le monde, vous demeurez une personnalité fortement scrutée, chargée de prouver que la « Nouvelle Syrie » ne remplacera pas simplement une dictature laïque par un monopole religieux autoritaire.
La chute de la tyrannie n’était que la première étape. Aujourd’hui, l’euphorie initiale s’est estompée, et le peuple syrien fait face à la tâche monumentale et épuisante de la survie. On ne peut pas fonder un État stable sur l’élan d’une victoire militaire seule. La Syrie a besoin d’une gouvernance transparente, inclusive et institutionnelle pour guérir :
L’économie des ruines et l’effondrement des infrastructures : les combats militaires contre l’ancien régime sont terminés, mais la guerre économique ne fait que commencer. La monnaie syrienne reste profondément instable, l’hyperinflation rend la vie quotidienne difficile, et les infrastructures critiques — des réseaux électriques d’Alep aux réseaux d’eau de Tartous — sont gravement fracturées. Vos efforts récents pour relancer des chantiers publics et promouvoir le tourisme sur l’île d’Arwad sont remarqués, mais des mesures cosmétiques ne suffiront pas. Nous avons besoin de réformes économiques structurelles profondes, d’un environnement sûr pour l’investissement étranger et de la fin des économies parallèles si nous voulons que les familles ordinaires puissent se payer du pain.
L’épreuve du véritable pluralisme politique : lorsque vous avez assumé la présidence transitionnelle en janvier 2025, vous vous êtes explicitement engagé à protéger les minorités religieuses et ethniques diverses de la Syrie — chrétiens, alaouites, druzes et Kurdes — et à établir un État fondé sur des institutions juridiques. Toutefois, la communauté internationale et des millions de Syriens laïques demeurent profondément sceptiques. La véritable inclusion ne peut pas se résumer à une stratégie de relations publiques pour les diplomates occidentaux. Vous devez veiller à ce que la prochaine rédaction de la nouvelle constitution garantisse l’égalité absolue, protège les libertés civiles et permette une concurrence politique authentique et sans entrave.
La crise des réfugiés et la confiance dans les institutions : Des millions de réfugiés syriens au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Europe regardent Damas avec des émotions contradictoires. Ils veulent désespérément rentrer chez eux, mais ils craignent les détentions arbitraires, l'absence de protections juridiques et un système où la dissidence n'est toujours pas tolérée. Pour ramener notre peuple, votre administration doit établir un cadre judiciaire inébranlable et transparent qui abandonne complètement l'ancienne mentalité de « État de sécurité ». Les gens doivent faire confiance à la loi, et non craindre les nouveaux dirigeants.
Naviguer dans le champ de mines géopolitique : Vous avez obtenu des changements diplomatiques sans précédent, y compris des rencontres avec des délégations occidentales et la signature d'accords d'intégration avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) à l'est. Pourtant, la Syrie reste un terrain de jeu pour des intérêts étrangers. Les forces turques demeurent fortement impliquées dans le nord, les préoccupations de sécurité israéliennes persistent, et la gestion des relations entre Washington et les puissances régionales exige une diplomatie magistrale. La Syrie ne doit plus jamais redevenir un champ de bataille proxy passif. Notre politique étrangère doit servir strictement la reconstruction immédiate et la stabilité souveraine de notre propre territoire.
Monsieur le Président, vous avez accompli avec succès la tâche impossible de démanteler une dictature vieille d’un demi-siècle. Vous avez démontré une capacité surprenante au pragmatisme politique et à l'adaptation administrative.
Mais la véritable épreuve de votre leadership n'est pas la façon dont vous avez conquis Damas, mais la façon dont vous comptez la partager. Éloignez-vous de toute tentation de règne à parti unique ou dogmatique. Élevez votre administration de transition en une démocratie réellement représentative. Si vous accordez au peuple syrien la liberté institutionnelle, la stabilité économique et une véritable paix civile, vous obtiendrez un héritage historique. Si vous échouez à ouvrir l'espace politique, vous risquez de transformer cette révolution ardemment conquise en un autre sombre chapitre de l'autorité absolue.
Avec un appel urgent à la transition démocratique et à la reconstruction nationale,
Un citoyen de la Nouvelle République syrienne
Audit de la direction exécutive : Président de transition Ahmed al-Sharaa Une évaluation de la gouvernance du Président pendant la période de transition (sur une échelle stricte de 1 à 5) :
Stratégie militaire et renversement du régime : 4,9 (Coordination magistrale. Exécution d'une offensive rapide et historique qui a renversé avec succès l'un des régimes les plus enracinés du Moyen-Orient avec une anarchie transitionnelle minimale)
Pragmatisme et adaptation diplomatique : 4,2 (Étonnamment efficace. A abandonné son passé militant, a engagé avec succès des diplomates occidentaux et régionaux, a obtenu un allègement crucial des sanctions et a initié des accords d’intégration interne pragmatiques)
Reconstruction économique et réformes : 2,5 (La tâche est écrasante. Bien que la stabilisation de base et la réparation des infrastructures aient commencé, le pays reste en faillite, fortement dépendant de l’aide et paralysé par la stagnation économique d’après-guerre)
Pluralisme démocratique et droits de l’homme : 2,2 (Fortement controversé. Malgré les promesses publiques envers les minorités et les engagements pour un « conseil choisi par le peuple », l’espace réel pour la dissidence politique demeure fortement restreint, et le contrôle institutionnel d’HTS reste dominant)
Verdict final : 3,45 / Le transformateur pragmatique. Ahmed al-Sharaa a réalisé l’une des transformations politiques et militaires les plus surprenantes de la décennie, passant d’un rebelle mis sur liste noire à un homme d’État gérant une transition étatique. Il a apporté un niveau de stabilité initial surprenant à la Syrie post-Assad. Toutefois, sa légitimité à long terme dépend entièrement de sa volonté de démocratiser. Si Sharaa utilise la période de transition de cinq ans pour réellement remettre le pouvoir à une démocratie civile et pluraliste, il sera considéré comme le père de la Syrie moderne. S’il retombe dans le contrôle autoritaire, il ne sera vu que comme l’homme qui a remplacé une dictature par une autre.
Je vous écris cette lettre depuis un Damas en transformation, où les lourds portraits de la dynastie Assad ont enfin disparu des rues, remplacés par l’espoir prudent et anxieux d’une nation en reconstruction. Il y a un an et demi que l’effondrement dramatique de l’ancien régime, en décembre 2024, a contraint Bashar al‑Assad à fuir pendant la nuit. Vous êtes passé de chef rebelle au palais présidentiel, abandonnant votre ancien nom de guerre, Abu Mohammad al‑Julani, pour gouverner une république brisée. Pour vos partisans, vous êtes le pragmatique qui a comblé un dangereux vide de pouvoir et empêché l’anarchie totale ; pour le monde, vous demeurez une personnalité fortement scrutée, chargée de prouver que la « Nouvelle Syrie » ne remplacera pas simplement une dictature laïque par un monopole religieux autoritaire.
La chute de la tyrannie n’était que la première étape. Aujourd’hui, l’euphorie initiale s’est estompée, et le peuple syrien fait face à la tâche monumentale et épuisante de la survie. On ne peut pas fonder un État stable sur l’élan d’une victoire militaire seule. La Syrie a besoin d’une gouvernance transparente, inclusive et institutionnelle pour guérir :
L’économie des ruines et l’effondrement des infrastructures : les combats militaires contre l’ancien régime sont terminés, mais la guerre économique ne fait que commencer. La monnaie syrienne reste profondément instable, l’hyperinflation rend la vie quotidienne difficile, et les infrastructures critiques — des réseaux électriques d’Alep aux réseaux d’eau de Tartous — sont gravement fracturées. Vos efforts récents pour relancer des chantiers publics et promouvoir le tourisme sur l’île d’Arwad sont remarqués, mais des mesures cosmétiques ne suffiront pas. Nous avons besoin de réformes économiques structurelles profondes, d’un environnement sûr pour l’investissement étranger et de la fin des économies parallèles si nous voulons que les familles ordinaires puissent se payer du pain.
L’épreuve du véritable pluralisme politique : lorsque vous avez assumé la présidence transitionnelle en janvier 2025, vous vous êtes explicitement engagé à protéger les minorités religieuses et ethniques diverses de la Syrie — chrétiens, alaouites, druzes et Kurdes — et à établir un État fondé sur des institutions juridiques. Toutefois, la communauté internationale et des millions de Syriens laïques demeurent profondément sceptiques. La véritable inclusion ne peut pas se résumer à une stratégie de relations publiques pour les diplomates occidentaux. Vous devez veiller à ce que la prochaine rédaction de la nouvelle constitution garantisse l’égalité absolue, protège les libertés civiles et permette une concurrence politique authentique et sans entrave.
La crise des réfugiés et la confiance dans les institutions : Des millions de réfugiés syriens au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Europe regardent Damas avec des émotions contradictoires. Ils veulent désespérément rentrer chez eux, mais ils craignent les détentions arbitraires, l'absence de protections juridiques et un système où la dissidence n'est toujours pas tolérée. Pour ramener notre peuple, votre administration doit établir un cadre judiciaire inébranlable et transparent qui abandonne complètement l'ancienne mentalité de « État de sécurité ». Les gens doivent faire confiance à la loi, et non craindre les nouveaux dirigeants.
Naviguer dans le champ de mines géopolitique : Vous avez obtenu des changements diplomatiques sans précédent, y compris des rencontres avec des délégations occidentales et la signature d'accords d'intégration avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) à l'est. Pourtant, la Syrie reste un terrain de jeu pour des intérêts étrangers. Les forces turques demeurent fortement impliquées dans le nord, les préoccupations de sécurité israéliennes persistent, et la gestion des relations entre Washington et les puissances régionales exige une diplomatie magistrale. La Syrie ne doit plus jamais redevenir un champ de bataille proxy passif. Notre politique étrangère doit servir strictement la reconstruction immédiate et la stabilité souveraine de notre propre territoire.
Monsieur le Président, vous avez accompli avec succès la tâche impossible de démanteler une dictature vieille d’un demi-siècle. Vous avez démontré une capacité surprenante au pragmatisme politique et à l'adaptation administrative.
Mais la véritable épreuve de votre leadership n'est pas la façon dont vous avez conquis Damas, mais la façon dont vous comptez la partager. Éloignez-vous de toute tentation de règne à parti unique ou dogmatique. Élevez votre administration de transition en une démocratie réellement représentative. Si vous accordez au peuple syrien la liberté institutionnelle, la stabilité économique et une véritable paix civile, vous obtiendrez un héritage historique. Si vous échouez à ouvrir l'espace politique, vous risquez de transformer cette révolution ardemment conquise en un autre sombre chapitre de l'autorité absolue.
Avec un appel urgent à la transition démocratique et à la reconstruction nationale,
Un citoyen de la Nouvelle République syrienne
Audit de la direction exécutive : Président de transition Ahmed al-Sharaa Une évaluation de la gouvernance du Président pendant la période de transition (sur une échelle stricte de 1 à 5) :
Stratégie militaire et renversement du régime : 4,9 (Coordination magistrale. Exécution d'une offensive rapide et historique qui a renversé avec succès l'un des régimes les plus enracinés du Moyen-Orient avec une anarchie transitionnelle minimale)
Pragmatisme et adaptation diplomatique : 4,2 (Étonnamment efficace. A abandonné son passé militant, a engagé avec succès des diplomates occidentaux et régionaux, a obtenu un allègement crucial des sanctions et a initié des accords d’intégration interne pragmatiques)
Reconstruction économique et réformes : 2,5 (La tâche est écrasante. Bien que la stabilisation de base et la réparation des infrastructures aient commencé, le pays reste en faillite, fortement dépendant de l’aide et paralysé par la stagnation économique d’après-guerre)
Pluralisme démocratique et droits de l’homme : 2,2 (Fortement controversé. Malgré les promesses publiques envers les minorités et les engagements pour un « conseil choisi par le peuple », l’espace réel pour la dissidence politique demeure fortement restreint, et le contrôle institutionnel d’HTS reste dominant)
Verdict final : 3,45 / Le transformateur pragmatique. Ahmed al-Sharaa a réalisé l’une des transformations politiques et militaires les plus surprenantes de la décennie, passant d’un rebelle mis sur liste noire à un homme d’État gérant une transition étatique. Il a apporté un niveau de stabilité initial surprenant à la Syrie post-Assad. Toutefois, sa légitimité à long terme dépend entièrement de sa volonté de démocratiser. Si Sharaa utilise la période de transition de cinq ans pour réellement remettre le pouvoir à une démocratie civile et pluraliste, il sera considéré comme le père de la Syrie moderne. S’il retombe dans le contrôle autoritaire, il ne sera vu que comme l’homme qui a remplacé une dictature par une autre.
Original text: English
Sir,I am writing this letter to you from a transforming Damascus, where the heavy portraits of the Assad dynasty have finally vanished from the streets, replaced by the cautious, anxious hope of a rebuilding nation. It has been a year and a half since the dramatic collapse of the old regime in December 2024 forced Bashar al-Assad to flee in the night. You transitioned from a rebel commander into the presidential palace, shedding your former nom de guerre, Abu Mohammad al-Julani, to govern a shattered republic. To your supporters, you are the pragmatist who filled a dangerous power vacuum and prevented total anarchy; to the world, you remain a deeply scrutinized figure tasked with proving that the "New Syria" will not simply replace a secular dictatorship with an authoritarian religious monopoly.
The fall of tyranny was only the first step. Today, the initial euphoria has faded, and the Syrian people are looking at the monumental, exhausting task of survival. You cannot build a stable state on the momentum of a military victory alone. Syria needs transparent, inclusive, and institutional governance to heal:
The Economy of Ruins and Infrastructure Collapse: The military battles against the old regime are over, but the economic war is just beginning. The Syrian currency remains deeply unstable, hyperinflation makes daily life a struggle, and critical infrastructure—from the electricity grids of Aleppo to the water networks of Tartous—is severely fractured. Your recent efforts to kickstart public projects and promote tourism on Arwad Island are noted, but cosmetic moves will not suffice. We need deep structural economic reforms, a safe environment for foreign investment, and an end to shadow economies if we want ordinary families to afford bread.
The Test of True Political Pluralism: When you assumed the transitional presidency in January 2025, you explicitly pledged to protect Syria’s diverse religious and ethnic minorities—Christians, Alawites, Druze, and Kurds—and to establish a state grounded in legal institutions. However, the international community and millions of secular Syrians remain deeply skeptical. True inclusion cannot just be a public relations strategy for Western diplomats. You must ensure that the upcoming drafting of the new constitution guarantees absolute equality, protects civil liberties, and allows for genuine, unrestricted political competition.
The Refugee Crisis and Institutional Trust: Millions of Syrian refugees in Lebanon, Jordan, Turkey, and Europe are watching Damascus with mixed emotions. They desperately want to return home, but they fear arbitrary detention, lack of legal protections, and a system where dissent is still not tolerated. To bring our people back, your administration must build an unshakeable, transparent judicial framework that completely discards the old "security state" mentality. People must trust the law, not fear the new rulers.
Navigating the Geopolitical Minefield: You have achieved unprecedented diplomatic shifts, including meeting with Western delegations and signing integration agreements with the Syrian Democratic Forces (SDF) in the east. Yet, Syria is still a playground for foreign interests. Turkish forces remain heavily involved in the north, Israeli security concerns linger, and navigating relations between Washington and regional powers requires masterful diplomacy. Syria must never again become a passive proxy battlefield. Our foreign policy must strictly serve the immediate reconstruction and sovereign stability of our own territory.
Mr. President, you have successfully completed the impossible task of dismantling a half-century-old dictatorship. You have demonstrated a surprising capacity for political pragmatism and administrative adaptation.
But the real test of your leadership is not how you conquered Damascus, but how you intend to share it. Step away from any temptations of single-party or dogmatic rule. Elevate your transitional administration into a truly representative democracy. If you give the Syrian people institutional freedom, economic stability, and real civil peace, you will secure a historic legacy. If you fail to open up the political space, you risk turning this hard-fought revolution into just another dark chapter of absolute rule.
With an urgent call for democratic transition and national reconstruction,
A Citizen of the New Syrian Republic
Executive Leadership Audit: Transitional President Ahmed al-Sharaa An evaluation of the President's governance during the transition period (on a strict scale from 1 to 5):
Military Strategy and Regime Overthrow: 4.9 (Masterful coordination. Executed a rapid, historic offensive that successfully toppled one of the most entrenched regimes in the Middle East with minimal transitional anarchy)
Pragmatism and Diplomatic Adaptation: 4.2 (Surprisingly effective. Shed his militant past, successfully engaged with Western and regional diplomats, secured crucial sanctions relief, and initiated pragmatic internal integration deals)
Economic Reconstruction and Reform: 2.5 (The task is overwhelming. While basic stabilization and infrastructure repair have begun, the country remains bankrupted, heavily reliant on aid, and crippled by post-war economic stagnation)
Democratic Pluralism and Human Rights: 2.2 (Highly controversial. Despite public promises to minorities and pledges for a "council chosen by the people," the actual space for political dissent remains tightly restricted, and HTS institutional control remains dominant)
Final Verdict: 3.45 / The Pragmatic Transformer. Ahmed al-Sharaa has pulled off one of the most stunning political and military transformations of the decade, shifting from a blacklisted rebel into a statesman managing a state transition. He has brought a surprising level of initial stability to post-Assad Syria. However, his long-term legitimacy entirely hinges on his willingness to democratize. If Sharaa uses the five-year transitional period to truly hand over power to a civilian, pluralistic democracy, he will be remembered as the father of modern Syria. If he defaults to authoritarian control, he will merely be seen as the man who replaced one dictatorship with another.
Addressee-language version: Arabic
سيدي،أكتب إليكم هذه الرسالة من دمشق المتحولة، حيث اختفت أخيراً اللوحات الضخمة لسلالة الأسد من الشوارع، وحل محلها أمل حذر وقلق بأمة تعيد بناء نفسها. لقد مضى عام ونصف على الانهيار الدرامي للنظام القديم في ديسمبر 2024 الذي أجبر بشار الأسد على الفرار ليلاً. لقد انتقلتم من قائد متمرد إلى قصر الرئاسة، وتخلّيتم عن اسمكم الحربي السابق، أبو محمد الجولاني، لتديروا جمهورية محطمة. بالنسبة لأنصاركم، أنتم الواقعي الذي ملأ فراغاً خطيراً في السلطة ومنع الفوضى التامة؛ وبالنسبة للعالم، تظلون شخصية خاضعة لتدقيق عميق ومكلفون بإثبات أن «سوريا الجديدة» لن تحل ببساطة محل ديكتاتورية علمانية باحتكار ديني استبدادي.
سقوط الطغيان لم يكن سوى الخطوة الأولى. اليوم، قد تلاشى النشوة الأولى، وينظر الشعب السوري إلى المهمة الهائلة والمتعبة للبقاء. لا يمكنكم بناء دولة مستقرة على زخم نصر عسكري وحده. سوريا بحاجة إلى حكم شفاف وشامل ومؤسسي لتشفى:
اقتصاد الأطلال وانهيار البنى التحتية: المعارك العسكرية ضد النظام القديم انتهت، لكن الحرب الاقتصادية بدأت للتو. لا يزال الدينار السوري غير مستقر بشكل عميق، والتضخم المفرط يجعل الحياة اليومية كفاحاً، والبنى التحتية الحيوية—من شبكات الكهرباء في حلب إلى شبكات المياه في طرطوس—مجزأة بشدة. تُسجَّل جهودكم الأخيرة لإطلاق مشاريع عامة ولتشجيع السياحة في جزيرة أرواد، لكن التحركات الشكلية لن تكفي. نحن بحاجة إلى إصلاحات اقتصادية هيكلية عميقة، وبيئة آمنة للاستثمار الأجنبي، وقضاء على الاقتصادات الموازية إذا أردنا أن تستطيع العائلات العادية تأمين الخبز.
اختبار التعددية السياسية الحقيقية: عندما توليتم رئاسة المرحلة الانتقالية في يناير 2025، تعهدتم صراحة بحماية الأقليات الدينية والإثنية المتنوعة في سوريا—المسيحيين، العلويين، الدرزيين، والأكراد—وإقامة دولة مؤسسة على مؤسسات قانونية. ومع ذلك، لا تزال المجتمع الدولي وملايين السوريين العلمانيين متشككين بشدة. لا يمكن أن تكون الشمولية الحقيقية مجرد استراتيجية علاقات عامة للدبلوماسيين الغربيين. يجب أن تضمنوا أن تضمن عملية صياغة الدستور الجديد المساواة المطلقة، وتحمي الحريات المدنية، وتتيح تنافساً سياسياً حقيقياً وغير مقيد.
أزمة اللاجئين والثقة بالمؤسسات: ملايين اللاجئين السوريين في لبنان والأردن وتركيا وأوروبا يراقبون دمشق بمشاعر مختلطة. إنهم يتوقون بشدة للعودة إلى الوطن، لكنهم يخشون الاحتجاز التعسفي، وغياب الحماية القانونية، ونظامًا لا يزال لا يتسامح مع المعارضة. لإعادة شعبنا، يجب على إدارتكم بناء إطار قضائي شفاف لا يتزعزع يتخلى تمامًا عن عقلية "دولة الأمن" القديمة. يجب أن يثق الناس بالقانون، لا أن يخافوا من الحكام الجدد.
التنقل في حقل ألغام الجغرافيا السياسية: لقد حققتم تحولات دبلوماسية غير مسبوقة، بما في ذلك اللقاء مع وفود غربية وتوقيع اتفاقيات توطين مع قوات سوريا الديمقراطية في الشرق. ومع ذلك، لا تزال سوريا ملعبًا للمصالح الأجنبية. القوات التركية لا تزال متورطة بشكل كبير في الشمال، والمخاوف الأمنية الإسرائيلية لا تزال قائمة، والتعامل مع العلاقات بين واشنطن والقوى الإقليمية يتطلب دبلوماسية بارعة. يجب ألا تصبح سوريا مرة أخرى ساحة صراع بالوكالة. يجب أن تخدم سياستنا الخارجية بشكل صارم إعادة الإعمار الفورية واستقرار سيادتنا على أراضينا.
سيدي الرئيس، لقد أكملتم بنجاح المهمة المستحيلة المتمثلة في تفكيك ديكتاتورية عمرها نصف قرن. لقد أظهرتم قدرة مدهشة على البراغماتية السياسية والتكيف الإداري.
لكن الاختبار الحقيقي لقيادتكم ليس كيف غزتم دمشق، بل كيف تنوون تقاسمها. ابتعدوا عن أي مغريات للحكم الحزبي الواحد أو الحكم العقائدي. ارفعوا إدارتكم الانتقالية إلى ديمقراطية تمثيلية حقيقية. إذا منحتم الشعب السوري الحرية المؤسسية، والاستقرار الاقتصادي، والسلام المدني الحقيقي، فستؤمنون إرثًا تاريخيًا. وإذا فشلتم في فتح الفضاء السياسي، فإنكم تخاطرون بتحويل هذه الثورة التي كلفت ثمناً باهظًا إلى فصل مظلم آخر من حكم مطلق.
نداء عاجل للانتقال الديمقراطي وإعادة الإعمار الوطني،
مواطن من الجمهورية السورية الجديدة
تدقيق القيادة التنفيذية: الرئيس الانتقالي أحمد الشراة
تقييم لحكم الرئيس خلال فترة الانتقال (بمقياس صارم من 1 إلى 5):
الاستراتيجية العسكرية والإطاحة بالنظام: 4.9 (تنسيق بارع. نفّذ هجومًا سريعًا وتاريخيًا أطاح بنجاح بأحد أكثر الأنظمة رسوخًا في الشرق الأوسط مع فوضى انتقالية طفيفة)
البراغماتية والتكيّف الدبلوماسي: 4.2 (مفاجئ الفعّالية. تخلّى عن ماضيه المسلّح، وتفاعل بنجاح مع دبلوماسيين غربيين وإقليميين، وأمّن تخفيف عقوبات حاسم، وشرع في صفقات اندماج داخلية براغماتية)
إعادة البناء الاقتصادي والإصلاح: 2.5 (المهمة طاغية. بينما بدأ التثبيت الأساسي وإصلاح البنية التحتية، لا تزال البلاد مفلسة، معتمدة بشكل كبير على المساعدات، ومعطّلة بسبب ركود اقتصادي ما بعد الحرب)
التعددية الديمقراطية وحقوق الإنسان: 2.2 (قضية مثيرة للجدل بشدّة. على الرغم من الوعود العلنية للأقليات والتعهدات بـ«مجلس يختاره الشعب»، يبقى الفضاء الفعلي للخلاف السياسي مقيداً بشكل صارم، وتظل السيطرة المؤسسية لـحركة تحرير الشام مهيمنة)
الحكم النهائي: 3.45 / المحوّل البراغماتي. لقد حقق أحمد الشراء واحدة من أكثر التحولات السياسية والعسكرية إثارة خلال العقد، منتقلاً من متمرد مُدرَج على قوائم الأعمال السوداء إلى رجل دولة يدير انتقالاً للدولة. لقد جلب مستوى مفاجئاً من الاستقرار الأولي لسوريا ما بعد الأسد. ومع ذلك، فإن شرعيته على المدى الطويل تعتمد كلياً على استعداده للديمقراطية. إذا استغل الشراء الفترة الانتقالية ذات الخمس سنوات لتسليم السلطة فعلاً إلى سلطة مدنية متعددة، فسوف يُذكر كأب سوريا الحديثة. وإذا أعاد القيد إلى سلطة استبدادية، فسيُنظر إليه ببساطة كرجل استبدل ديكتاتورية بأخرى.
